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Le Roi Lion à Mogador, pourquoi ce règne sans fin ?

Le Roi Lion à Mogador, pourquoi ce règne sans fin ?

Bon, on ne va pas se mentir, ça commence à faire long, non ? Depuis 2021, Le Roi Lion rugit tous les soirs au Théâtre Mogador. Et soyons clairs, ce n’est pas juste une histoire de “succès phénoménal” comme le clament les affiches un peu partout. Si Simba squatte toujours la scène, c’est parce que c’est le plus gros carton que Mogador ait jamais connu, et qu’il assure à lui seul la stabilité du théâtre. Pas une impasse, donc, mais une formule gagnante qu’on aurait tort de changer trop vite. Allez, on vous raconte tout.

Remontons à 2016. À l’époque, Mogador devait accueillir Le Fantôme de l’Opéra, et on sentait que ça allait être grandiose : décors flambants neufs, costumes magnifiques, une première en français attendue comme le messie… jusqu’à ce qu’un incendie vienne tout réduire en cendres. Et là, détail croustillant : l’avant-première devait avoir lieu le 13 octobre (non mais sérieusement, heureusement que c’était pas un vendredi en plus).

Dans le milieu, où la superstition est quasiment une religion, ça en a refroidi plus d’un. Mais au-delà du symbole, les ventes pour le show étaient décevantes. Le Fantôme de l’Opéra n’a jamais trouvé son public en amont, et l’incendie a sans doute évité un démarrage compliqué. Résultat, le projet n’a jamais été relancé. Trop coûteux à reconstruire, trop risqué à reprogrammer. 300 costumes, 129 changements de décor, 22 scènes, pouf, bye-bye. À la place, Mogador a enchaîné avec des valeurs sûres très bien produites (mais pas forcément excitantes pour le grand publique) : Grease, Chicago, puis Ghost, histoire de garder le cap en attendant un gros show capable de relancer la machine.

Et là en 2021, bim idée de génie : retour du Roi Lion. La comédie musicale avait déjà cartonné en 2007-2008, alors pourquoi pas ? Stage Entertainment, la boîte qui gère Mogador, adore envoyer des sondages pour capter les envies du public (ils sont malins) et Simba arrivait en tête. Banco, ça marche.

Mais ce qui devait être une programmation de deux ans s’est vite transformé en résidence longue durée. Et pour une bonne raison : le show remplit la salle chaque soir. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas par dépit ou faute de mieux : c’est un vrai choix stratégique, qui permet à Stage de consolider ses finances et de réfléchir à de nouveaux projets, potentiellement dans un second théâtre à Paris.

Et justement, parlons des projets dans les cartons. Mary Poppins est en tête de liste depuis un moment, mais rien n’avance. Pourquoi ? Il y a plusieurs raisons. D’abord, la question des claquettes : en France, les artistes qui maîtrisent le trio chant, jeu et claquettes ne courent pas les rues, et ceux qui ont le niveau bossent souvent déjà sur la version anglaise lancée en 2019 à Londres et à présent en tournée.

Mais ce n’est pas tout. Le vrai blocage est du côté des ayants droit britanniques, et notamment Cameron Mackintosh, qui produit aussi Les Misérables. Il doute que le niveau artistique français suffise à faire vivre Mary Poppins comme au Royaume-Uni, et il est pour l’instant réticent à céder les droits. Stage, de son côté, reste très motivé pour monter ce show à Mogador… mais pour l’instant, impossible de faire avancer les négociations.

Alors oui, Le Roi Lion remplit les salles, mais après cinq ans, ça devient plus qu’un succès : c’est une superbe base pour penser l’avenir. Habituellement, les shows restent deux ans max à Mogador. Là, la longévité du spectacle incite à réfléchir sérieusement à la suite. Des sondages ont été relancés pour tester les envies du public : Mary Poppins (si un accord se débloque), Aladdin, Anastasia…

Et si on regarde ce que Stage produit ailleurs en Europe, les pistes sont alléchantes : Frozen, Hercules, Tarzan, Moulin Rouge, &Juliet, Tina, Michael Jackson The Musical… Autant de spectacles qui pourraient très bien s’installer à Paris, si les conditions suivent.

En attendant, Simba continue de régner sur Mogador, avec panache. Et vous ? Vous attendez quelle nouvelle comédie musicale à Mogador ?